J'ai toujours cru que le plus important dans la vie était l'amour, en fait non, je crois que le plus important c'est juste d'être heureux, l'amour y aide mais après tout on peut très bien être heureux seul non?
L'assassin
Londres, 1935.
Mes pas résonnent dans la rue. Tout est désert. Seul présence décelable à travers le silence, le vent. Je m'assois sur un banc. Je sors mes cigarettes, j'en roule une, la pose entre mes lèvres, brûle une allumette puis l'approche de celle-ci. Je suis seul. J'examine les alentours; une rue, des poubelles abandonnées devant les maisons dénuées d'éclairages, quatre lampadaires seulement donnant à l'endroit une atmosphère à la fois paisible et angoissante. Des feuilles accumulées entre les pavés composant l'unique route, du brouillard, m'empêchant de voir plus loin que le vieux cimetière de la ville, et encore le vent me caressant le visage, tout comme ses mains le faisaient encore il y a maintenant deux ans et huit mois... J'ai l'impression d'entendre des cris, je me retourne, j'examine les alentours. Je deviens fou il n'y a personne ici ce soir; les cris proviennent de ma tête. Il ne reste plus rien de moi, qu'une enveloppe, aujourd'hui je suis vide. Mon âme est partie en même temps qu'elle, et mon c½ur les a suivit. «La gorge tranchée, elle a été assassinée». Je me souviens de ces mots comme si je les avais entendus hier. Elle qui était si belle et si douce, on l'avait assassiné. Deux ans et huit mois que j'ai parcouru l'Angleterre de ville en ville à la recherche du tueur, à la recherche de la vérité; mais par-dessus tout, à la recherche de la vengeance. Et il y a quinze jours, une lettre anonyme, sans cachet, m'annonce que le tueur de ma fiancée se trouve à deux rues de la mienne. Je ne savais pas quoi penser, jusqu'à ce que je reçoive ce colis. A l'intérieur de celui-ci, une deuxième lettre et un objet inconnu enroulé dans un linge blanc. «Je ne peux plus supporter à présent le poids du mensonge et du silence. J'ai vu il y a deux ans et demie, un homme rentrer dans votre appartement le soir ou votre femme s'est faite assassiner. Je l'ai vu jeter un objet qui brilla une fraction de seconde à la lumière des lampadaires avant d'être envoyé au fond de la rivière adjacente à la route. J'ai été rechercher cet objet et ai découvert avec stupeur un couteau. Je ne peux vous décliner mon identité à ce jour car je ne veux pas avoir d'ennuis, mais je connais l'homme qui est rentré chez vous ce soir là. Si vous allez à l'adresse que je vous ai indiquée dans ma lettre précédente vous comprendrez...» J'ai relu et relu cette lettre des dizaines et des dizaines de fois et me suis frotté les yeux pour tenter de me réveiller. Sarah allait enfin être vengée. J'allais la venger. «PS: Ci-joint le couteau retrouvé, en guise de preuve». J'ai hésité des heures, avant d'ouvrir ce linge, après tout peut-être qu'il ne faillait pas que je sache, il fallait peut-être que je reste dans le doute. Non, il n'en était pas question. J'admirais ce linge comme la vérité à portée de mes mains durant de longues heures interminables en me remémorant une phrase du légiste: «Entaille épaisse et profonde, probablement causée par un couteau de boucher». J'ouvris le linge. A l'intérieur de celui-ci je découvris avec effroi, un énorme couteau de boucher... Et ce soir je suis là, dans cette rue, sur ce banc, près à découvrir la vérité, et à venger ma bien aimée. Je me servirai de la même arme que lui pour le torturer, encore et encore, avant de le tuer en lui tranchant la gorge, lentement et violemment, comme il l'a fait avec elle. Je sors la première lettre que j'ai reçue de mon imperméable gris: «Appartement six rue Robert Bresson, bâtiment deux». J'avance sur les pavés, traversant le brouillard. Le bâtiment deux se trouve juste à coté du cimetière, «Au moins il n'est pas loin de sa future demeure» pensais-je. Je repense à elle, à tout ce que nous avons vécus ensemble, à cette époque où j'étais quelqu'un, où j'étais heureux. L'amour était l'unique chose qui m'importait, ma famille n'avait jamais cautionné le fait qu'elle ne soit pas du même statut social que moi, mais peu m'importait. Mon père m'avait répété pendant des heures que je gâcherai ma vie avec elle, et qu'une destinée bien meilleure m'attendait, mais je savais bien qu'il avait tord. J'étais et aurais été heureux avec elle, si seulement... J'approche du bâtiment deux, une pièce semble être éclairée. Je monte les escaliers menant aux étages et aux appartements supérieurs, l'appartement six se trouve au deuxième. Je sors mon arme, je la sers dans mon poing pour ne pas qu'elle s'échappe, j'ai l'impression que mon c½ur va imploser. Je tremble de tout mon corps. Je monte un deuxième escalier, avant d'arriver devant la porte de l'appartement six. De loin j'aperçois une plaque dorée trônant sur la porte, c'est un cabinet d'avocat. Encore un de ses bureaucrates, tout comme mon paternel, je prendrai encore plus de plaisir à le tuer; je n'avais jamais aimé les avocats. En examinant la plaque de plus près je lis un nom ne m'étant pas inconnu: «Maître TRAITOR Avocat». C'est mon nom! Celui qui m'a été transmis, par mon père! Non, c'est impossible. Ça ne peut être mon père, il a arrêté de travailler il y a trois ans. Trois ans. Avant que Sarah ne... Ma main s'avance tremblante vers la poignée de la porte du cabinet, appartement six, bâtiment deux. J'ouvre la porte, le couteau glisse de ma main tellement la force m'a abandonnée. Je vois un homme aux cheveux gris, assis devant un bureau, penché sur une pile de dossiers. C'est lui, son assassin, mon assassin, celui qui a brisé ma vie; mon propre père.
Tous droits réservésLa malle
Le facteur venait de déposer le courrier. Je me levais péniblement de mon vieux fauteuil, ma tête tournait encore j'avais probablement avalé trop de bières, mais comme ça au moins j'oubliais tout. J'avais reçu trois lettres, deux factures encore, et un avis d'expulsion. Je n'étais pas étonné ça faisait déjà sept mois que je ne payais plus le loyer. Déjà sept mois qu'elle m'avait quitté, me laissant dans le chagrin, à la suite de quoi j'avais perdu mon emploi; ce qui m'avait conduit à la ruine. Je ne pouvais plus supporter ce poids qui me pesait bien trop; celui de la vie. De toute manière, jamais je n'aurais pu rembourser tout et jamais ma femme ne serait revenue, alors à quoi bon. Dans un placard décrépit de la maison se trouvait une corde, une vieille corde rugueuse, mais elle ferait l'affaire pour mon dessein. Je descendais à la cave. Les cadavres de bouteilles vides jonchaient le sol et je ne voyais presque rien. Par la seule petite fenêtre de la pièce je pouvais voir à quel point le ciel était sombre, saturé de nuages. Je lançais, la corde autour d'une des poutres du plafond et j'y fis un n½ud tellement serré que je savais que jamais plus je ne pourrais le retirer. Je fis le même n½ud à l'autre bout. Je devais maintenant trouver de quoi me surélever, je parcourais la cave du regard et j'aperçu une petite malle, ni trop haute ni trop basse qui conviendrait parfaitement. Je m'approchais lorsque le premier rayon de soleil de la journée fit son apparition à travers le hublot de la cave et vint frapper le coffre de lumière. Je m'agenouillais devant, elle était recouverte d'une épaisse couche de poussière et en l'enlevant, je découvris, gravé dans le bois un énorme et magnifique c½ur qui resplendissait au soleil. Je ne pensais à présent plus à mon ultime projet car j'étais trop occupé à vouloir découvrir ce que cette mystérieuse malle contenait. Je décidais de l'ouvrir. Ses charnières étaient probablement rouillées car j'eu bien du mal à soulever le dessus, mais, à l'ouverture, le soleil vint cogner ses rayons contre des dizaines d'objets resplendissant qui me renvoyaient une lumière jaunâtre dans les yeux; des milliers de pièces d'or. Des milliers de pièces d'or, ici, dans une malle ornée d'un c½ur, au fond de la cave du taudis où je vivais. C'était incroyable. Jamais je n'aurais cru découvrir un jour un tel trésor, et encore moins au fond de ma cave. Sur ce trésor se trouvait un superbe couteau avec une large lame qui brillait aussi au soleil, et à coté, une lettre. Une lettre sans timbre, sans destinataire, sans nom. Je l'ouvrais avec délicatesse, à l'intérieur se trouvait un fin morceau de parchemin sur lequel il était écrit en lettre manuscrites et d'une magnifique écriture: « La solution est en chacun de nous, fort est celui capable de la trouver ». Ce message m'intriguait profondément. Les nuages du ciel avaient disparus à présent. Les milliers de pièces venaient de me rendre riche, elles allaient servir à rembourser mes diverses dettes et à m'offrir une nouvelle vie, je me servis du couteau pour trancher les n½uds trop serrés de la corde que je pensais ne plus jamais détacher. Morale: La cave représente le mal, le vice et les problèmes de chacun de nous, tandis que la malle correspond au moi intérieur de chaque être vivant. Lorsque dans la vie tout va mal et que tu ne vois plus la solution, ouvre la malle de ton c½ur. Tu peux avoir des difficultés à l'ouvrir et il faudra peut-être la dépoussiérer, mais une fois ouverte elle renferme d'incroyables et d'innombrables trésors.
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